Saviez-vous que le lac Beaulac tire son nom d’un bureau de poste qui s’est établi à proximité dans la deuxième moitié du XIXe siècle? Voici un résumé de l’histoire.

À l’époque où seuls les Abénaquis et quelques trappeurs intrépides s’aventuraient sur notre territoire giboyeux, notre lac était encore orphelin de nom. Puis en 1851, un certain Ricard, premier cultivateur à s’installer sur les lieux, imposa son patronyme. Il suivit en cela la coutume de l’époque, qui voulait que le nom du premier colonisateur soit ainsi immortalisé. Voilà pourquoi notre joyau fut d’abord baptisé lac-à- Ricard, premier jalon d’une toponymie riche en rebondissements. Au fait, ce nom persista jusqu’en 1900, année où le lac-à-Ricard fut officiellement rebaptisé Bissonnette, toponyme que les sources les plus sûres attribuent à Léonidas Bissonnette, député libéral de Montcalm de 1897 à 1908.

Le nom du lac serait demeuré Bissonnette si le gouvernement fédéral n’avait établi à proximité, en 1866, un bureau de poste qu’il baptisa Beaulac. On ne sait pas au juste si ce nom est attribuable à un quelconque dignitaire de l’époque ou, version tout aussi plausible, à la majesté du lac, qui l’aurait inspiré. Toujours est-il qu’en 1944, année à laquelle le bureau de poste ferma définitivement ses portes, notre territoire venait de s’ouvrir à la villégiature. Les touristes venus découvrir les lieux, suivant l’exemple des habitués du coin, disaient : « Allons faire un tour à Beaulac! » C’est ainsi que par la force de l’habitude, le toponyme « Beaulac » est demeuré, résultat d’un heureux croisement de l’histoire et de la géographie.

On sait que le patrimoine culturel d’une communauté se transmet le plus souvent par le bouche-à-oreille. Beaulac ne fait pas exception à la règle. Il a longtemps été considéré par la Commission de toponymie du Québec comme un lieu-dit, c’est-à-dire un territoire de faible étendue ayant reçu spontanément un nom inspiré de la géographie, de l’histoire ou du folklore. Aujourd’hui, Beaulac figure officiellement dans les registres de la Commission comme un lieu de villégiature organisé.

Et qu’en est-il de notre gentilé (nom donné aux habitants d’un lieu)? Dans le journal Bonjour Beaulac des années 70-80, nous écrivions Beaulacquois. Aujourd’hui, Beaulacois a pris le relais. Et pourquoi pas? Ce gentilé, en plus d’être conforme aux normes lexicales, s’accorde bien avec la tendance actuelle, qui consiste à privilégier l’orthographe simplifiée. De plus, ce gentilé n’étant pas officialisé, libre à nous de l’orthographier à notre guise.

Au fait, saviez-vous que le lac Beaulac est le plus élevé en altitude dans la région de Lanaudière et qu’il constitue la troisième étendue d’eau en importance à Chertsey? Qu’il existe trois autres lacs Beaulac au Québec : un premier, lui aussi situé dans Lanaudière (à Saint-Guillaume-Nord), un deuxième sur la Côte-Nord et un troisième au Saguenay–Lac-SaintJean?

Ne manquez pas de préciser à vos invités dans quelle région le lac est situé! Vous l’aurez compris, cet article est l’ébauche d’une chronique historique que je vous invite à bonifier. Reconstituer ensemble notre patrimoine culturel, géographique et historique, c’est aussi contribuer à enrichir le journal Bonjour Beaulac, outil de communication par excellence de notre communauté, par l’entremise duquel Beaulac continuera toujours d’exister.